Instincts de vie

Instincts de vie

La poisse !

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"Il faut toujours faire ce que l'on croit ne pas pouvoir faire"

Eleanor ROOSEVELT

 

 

Je vous présente Baptiste, grassouillet de 17 ans qui traîne la savate au foyer dont la mobilisation à travailler ou à s'inscrire dans une banale activité est réduite à peu près au néant.

 

Baptiste aime bien déambuler dans la cour et pour passer le temps se plaît à empoisonner la vie des adultes, surtout les femmes qui par professionnalisme ne lui retournent pas la claque qu'il mériterait recevoir.

Il sait par expérience que ses copains, eux, ne s'encombrent pas de patience, car à moins d'être maso, quand on se prend une torgnole ou deux, la sagesse incite à arrêter la provocation.

 

Avec son petit rictus narquois, il adore attribuer des quolibets à la gente féminine en fonction de leur faciès, qu'il soit avantageux ou pas d'ailleurs.

Vous pouvez être une «grosse barrique» si vous avez de la poitrine ; vous avez droit à «grosse bonbonne» si vous êtes un peu ronde ; «vieille peau» si vous êtes dans un âge un peu avancé et si on pousse dans le raffinement, vous pouvez être «sac à caca» s'il apprend que vous avez eu une gastro.

Si vous êtes tout ça en même temps, vous n'avez plus qu'à vous jeter dans la Garonne.

 

Mais il ne s'arrête pas là Baptiste, son passe-temps préféré, c'est de vous passer la main sur le visage, comme une limace bien onctueuse qui vous déverse son lubrifiant.  Enervant autant que dégoûtant ! 

Plus vous le rejetez, plus il insiste ; plus vous êtes en colère, plus il se jette sur vous.

En priant le ciel, qu'il ne se soit pas gratté les coucougnettes avant ou curé le nez...

 

La crème des crèmes que je suis, ne sais pas quoi faire pour enrayer son manège.

Impossible de se "plaindre" au chef qui aurait bien raison de rire de la situation, impossible de le tarter sous peine de faute professionnelle, impossible d'envisager un dialogue ce qui n'aurait fait que renforcer ses agissements, donc me voilà à le guetter à chacune de mes arrivées dans le foyer afin d'éviter son obsessionnelle main gluante.

 

Puis un jour, en discutant avec un collègue j'apprends qu'un adolescent dont il avait la charge, un jeune de 17 ans, ne savait pas se laver les dents et que c'était sa mère qui les lui brossaient.

Au même titre que, comme il ne savait pas faire ses lacets, toutes ses chaussures étaient déjà pré-lacées par la mamie.

Cet ado n'était autre que la pieuvre !

 

Depuis je n'ai jamais plus fait de détour et jamais plus la limace n'a laissé de trace sur moi.



01/04/2015
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